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Attitude intempestive de certains médecins

 

Dans plusieurs régions du Québec, des groupes de citoyens travaillent à l’implantation de Maisons de naissance et sont en butte avec plusieurs obstacles. Ou bien les médecins de la région ne veulent tout simplement pas de sages-femmes ou bien c’est le CSSS qui piétine. En haut de la pyramide, une volonté politique invisible et en bas, des bénévoles essoufflés.

 

Certains médecins exercent ainsi un abus de pouvoir face à la pratique des sages-femmes. Plusieurs comités citoyens qui militent pour obtenir les services des sages-femmes dans leur région font face à l’obstruction des médecins. Alors que le développement de cette pratique fait l’objet de recommandations ministérielles,

  • Un comité citoyen pour une Maison de naissance fait face au refus en bloc des médecins de l’hôpital de sa région.
  • Ailleurs, c’est une poignée de médecins qui menacent de démissionner si leur CSSS continue à travailler à un projet de Maison de naissance.
  • Un autre CSSS invoque la nécessité de consulter l’équipe de médecins, mais les résultats n’arrivent pas.
  • Un autre groupe de médecins ne veut pas entendre parler de la pratique des sages-femmes si cela rend les accouchements à domicile possibles.

 

On invoque des questions de sécurité, ce qui ne prouve que l’étendue de leur méconnaissance de la pratique des sages-femmes dont la sécurité de l’exercice à domicile est largement reconnue par plusieurs études, notamment la méta-analyse Olsen qui a recensé 607 études à ce sujet et sur laquelle s’est appuyé le Conseil d’évaluation des projets-pilotes en Maisons de naissance avant de recommander le domicile comme lieu de pratique acceptable pour les sages-femmes.

 

Soulignons qu’aux Pays-Bas, 30% des accouchements ont lieu à domicile et ce, avec des statistiques de santé maternelle et infantile aussi bonnes, voire supérieures aux nôtres.

 

Il semble que la structure des CSSS fait en sorte qu'il est difficile pour un CSSS d'aller à l'encontre des médecins. Idéalement les démarches d’intégration des services des sages-femmes devraient se faire avec la collaboration des différents professionnels, les CSSS ne devraient pas avoir à demander l'aval des médecins mais la réalité est toute autre.

 

Certains comités en sont rendus à se plaindre au Collège des médecins, d’autres sollicitent une intervention du ministre de la santé pour que l’obstruction des médecins cesse. Même là où les services des sages-femmes sont implantés, certains médecins manifestent leur non appui à cette pratique. À titre d’exemple, une femme s’était inscrite sur la liste d’attente d’une Maison de naissance, ne sachant si elle aurait la « chance » d’obtenir une place, elle souhaitait amorcer un suivi avec un médecin. Le médecin contacté a refusé de la voir à moins qu’elle accepte de se retirer de la liste d’attente de la Maison de naissance!

 

En Montérégie, alors qu’un groupe de citoyens, le Mouvement Maison de naissance Montérégie, réclame l’accessibilité aux services des sages-femmes depuis plus de 2 ans, la pénurie d’infirmières qui sévit entraîne une hausse des césariennes dites « préventives », une intervention majeure que des motifs administratifs ne peuvent absolument pas justifier. Qu’attend-on pour y implanter les services des sages-femmes?

 

Ainsi, la légalisation de la pratique n’a pas encore réussi à contrer le fait que plusieurs gestionnaires, et surtout des médecins, continuent de s’approprier la grossesse et l’accouchement.

 

La voix des femmes qui font toujours face à cette obstruction s’élève et réclame que le développement de la pratique des sages-femmes se fasse de façon professionnelle, en soutenant le rôle de premier plan des familles, en réponse aux demandes citoyennes et en cohérence avec les objectifs de la politique de périnatalité du Québec.

 

• La définition d’une Maison de naissance proposée par le Groupe MAMAN [PDF]

• La Maison de naissance, une entité à reconnaître, Mamanzine Vol. 11 No 1, pp. 64-65 [PDF]